Cahier pour écrire ses souvenirs

Extrait – Denis

L’accident L’examen pour obtenir le Brevet de Maîtrise se déroulait sur quatre jours au mois de juin. Mais pour moi, tout ne se passa pas comme prévu. Le troisième jour, alors que j’utilisais un ciseau à bois, je me suis malencontreusement sectionné le pouce de la main gauche… Le tendon était coupé au 4/5ème. Je…


L’accident

L’examen pour obtenir le Brevet de Maîtrise se déroulait sur quatre jours au mois de juin. Mais pour moi, tout ne se passa pas comme prévu. Le troisième jour, alors que j’utilisais un ciseau à bois, je me suis malencontreusement sectionné le pouce de la main gauche… Le tendon était coupé au 4/5ème. Je me suis déplacé en urgence à l’hôpital de Châteaubriant, l’opération s’imposait…

Dès la fin de l’opération, j’ai informé le chirurgien de ma volonté de retourner à l’école pour finir mon épreuve et me permettre de valider mon examen.

« N’y comptez même pas mon brave monsieur ! » m’a-t-il ri au nez

Le ciel me tombait sur la tête. De retour à l’école, main bandée, j’ai expliqué la situation à mes professeurs. Le lendemain, ils m’annonçaient qu’en raison de mon sérieux et de l’état avancé de ma pièce, je serais autorisé à finir l’épreuve en juillet. Quel soulagement ! je m’empressais de les remercier pour cette autorisation exceptionnelle. Je me souviens encore du trajet du retour, dans la voiture, avec mon père et Isabelle.

En juillet, j’ai finalement validé mon Brevet de Maîtrise à l’exception du dessin technique, matière la plus difficile. Je n’ai pas obtenu la moyenne ce qui, à l’époque, était indispensable pour chacun des modules passés. J’ai donc dû m’inscrire en tant que candidat libre au CFA d’Angers l’année suivante où j’ai passé un certain nombre de samedis matin à reprendre des cours de dessin technique.

J’ai finalement validé cette matière malgré le sujet extrêmement ardu : Louis XV, style le plus compliqué en ébénisterie, les meubles n’ont pas une seule ligne droite !

J’étais enfin paré pour mordre ma vie à pleine dent, à moins que…

Libéré ! enfin presque…

En 1996, tous mes diplômes en poche, j’étais prêt à attaquer ma vie professionnelle. C’était sans compter l’étape incontournable : je devais passer par la case Service Militaire… Cette épine dans le pied, j’ai tenté d’atténuer ses effets en sollicitant le député de notre circonscription qui entendit parfaitement que mon absence prolongée pour le service militaire nuirait fortement au club de football de mon village, vu mes talents de footballeur…

J’obtins le précieux courrier qui me permis de passer dix mois à faire le clampin dans une caserne d’Angers, à une heure de chez moi.

Les journées interminables étaient comblées par notre recherche frénétique de cartes téléphoniques dont notre Adjudant-Chef faisait la collection. Quarante cartes récoltées nous permettaient d’obtenir une journée de permission totalement illégale…

Je mettais ces journées à profit pour bricoler et gagner un peu d’argent. Pas question de rester à ne rien faire et à attendre. Travailler de mes mains et notamment manipuler le bois me rendait heureux et fier.

Outre le plaisir interdit de ces repos illégaux, je profitais pleinement de notre nouvelle liberté à Isabelle et moi car nous habitions rue Fourmi dans un magnifique petit appartement sous les combles dans le centre-ville d’Angers où je revenais dormir tous les soirs.

En 1997, enfin libéré de mes obligations militaires, j’ai trouvé mon premier emploi chez Gélineau, à Angers. L’entreprise était spécialisée dans la restauration de meubles Art Déco Moderne mais le patron souhaitait se lancer dans la fabrication.

Il m’a demandé si je me sentais capable de relever ce défi. Honnêtement, je ne me sentais pas les épaules mais j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai dit oui !

Je me suis donc embarqué dans cette aventure où j’ai eu quelques insomnies et frayeurs car au début je ne maîtrisais pas bien les techniques. Le temps faisant son œuvre et avec l’aide d’Olivier, un collègue, nous avons réussi à monter et améliorer les process de fabrication.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *